| Depuis des mois, voire des années |
| Pam pam pam… |
| Depuis des mois, voire des années |
| J’attire ce type de types |
| Que l’on appelle «les parasites» |
| Non, n’allez pas m' croire matérialiste |
| Mais j’ai horreur des assistés |
| Le plus insistant est resté |
| Un soi-disant artiste ou je ne sais quoi |
| Drôle, charmant, bonne mine et courtois |
| Il m’a fait ses yeux de «meskine» et il m’a dit |
| «Chuis dans la mouise, j’ai pas de crèche pour cette nuit |
| Tu peux me dépanner? Il fait froid, y a d' la pluie |
| C’est sympa, c’est cool, c’est gentil!» |
| Je lui ai juste dit «fais comme chez toi» |
| Et depuis il vit chez moi! |
| Il ouvre mon frigo à tout va |
| Et squatte pendant des heures dans mon sofa |
| Et là j’avoue |
| Et là j’avoue, je craque |
| Il me saoule avec ses craques |
| Depuis des semaines, voire des années |
| Avec ce ringard je suis cloisonné |
| Il boit comme un trou, c’est un camé! |
| Il ne m' sert à rien: Entre nous il est gay! |
| Je passe mes soirées avec lui nez à nez |
| Pas à me marrer mais à tchatcher monnaie |
| Pas un kopeck, pas une thune, pas un rond, pas une bulle |
| Il n’a rien à lui même pas un pull |
| Et quand il cause c’est un cauchemar |
| Et moins je l'écoute et moins j’ai le cafard |
| «Depuis l’euro, j’ai plus un rond dans mon falzar |
| Cerné d’escrocs qui me poussent aux jeux du hasard |
| J’existe seulement dans mes papelards |
| J’ai placé et caché mon passé au placard |
| Je ne vois plus mon avenir dans le marc |
| Il faut que je bouge dare-dare avant qu’il soit trop tard |
| Je n' suis qu’un parasite, un pauvre cafard» |
| Je lui ai juste dit «barre-toi et paye ta part!» |
| Avec diplomatie, «tu m' saoules et il se fait tard!» |
| Et là j’avoue, je craque |
| Il me saoule avec ses craques |
| Depuis, tous les matins, j' me dis |
| «Une nuit de dépannage devenue un an, je me noie, je surnage |
| Indécrottable avec sa bière et sa roulée, accoudé à ma table |
| Il me sidère, il fait trop bien le mec minable!» |
| «Ouais, j' vais m' bouger! Non, je rigole! |
| Il t' reste du caftion dans ta cafetière? |
| J' vais pas dormir |
| Une bonne mornifle, ça m' remettrait les idées en place! |
| J’ai la mouchique, même muchacho |
| J’avais pas la cote avec les muchachas |
| Pour oublier mon passé, j' mets du chichit dans ma chicha |
| T’es choquée? Fais pas ta chochotte!» |
| Quand il m' dit ça, j’ai envie de lui mettre un coup d' botte |
| Et là, j’avoue, je craque |
| Il me saoule avec ses craques! |